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Les voies d’absorption des huiles essentielles

Article mis en ligne le 18 février 2011 par Colibis
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En aromathérapie, les HE peuvent s’utiliser par voie interne et par voie externe. Le but recherché étant toujours le même : un maximum d’efficacité pour un minimum d’effets secondaires. Dans tous les cas, les huiles essentielles rejoignent la circulation sanguine par l’intermédiaire de la membrane cellulaire afin d’atteindre le site malade selon le principe d’électivité : les huiles essentielles vont là où elles doivent soigner.

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A. L’interface digestive


A1. La voie buccale
La voie orale est principalement utilisée pour traiter les infections internes, les troubles circulatoires ou métaboliques.
La langue occupe une position clé par l’existence du riche réseau veineux tapissant sa face inférieure.
C’est la voie par laquelle les effets secondaires se manifestent le plus vite.
Afin d’éviter les risques de brûlures, bien que ces modes d’ingestion n’en évitent pas la possibilité, plusieurs supports existent :

  • le sucre de canne : à éviter surtout pour les diabétiques ;
  • le comprimé neutre : facile d’utilisation, on peut le croquer ;
  • le miel : il permet un passage rapide dans les petits capillaires sanguins s’il est posé sous la langue. Il requiert la même précaution que pour le sucre ;
  • l’huile végétale ;
  • la gélule : elle est utile pour les réfractaires au goût. Elle peut être gastrorésistante pour libérer les principes actifs au niveau des intestins au lieu de l’estomac ;
  • la tisane aromatique : elle permet d’allier moment de plaisir et de santé. Voici le mode de préparation selon A. Bitsas : « Au fond d’une tasse, malaxez 4 gouttes d’HE avec une cuillerée de miel jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène ; versez-y la quantité désirée d’une eau pas trop chaude. La dose de 4 gouttes tient compte des pertes dues à l’évaporation et au dépôts sur les parois de la tasse »

Les HE déposées (avec support) sur la langue atteignent le système digestif. Cet endroit est à privilégier pour traiter les infections ORL dans la partie supérieure du visage (sinusite, nez bouché…)
Les HE déposées (avec support) sous la langue passent rapidement dans la circulation sanguine. Cet endroit est à privilégier pour traiter les infections situées dans la partie inférieure de la sphère ORL (angine, pharyngite…)
Il convient de ne pas exagérer les doses : pour un adulte, 1 à 3 gouttes, 3X par jour. « Les huiles essentielles sont utilisées ici à l’état de traces. » Franchomme.
Pour les prescriptions internes, des cures de trois semaines entrecoupées de phases de repos d’une semaine sont classiques.

A2. La voie rectale
Il est interdit d’injecter des HE pures dans le rectum. L’administration se fera sous forme de suppositoires préparées par le pharmacien. Les résultats sont rapides car les HE sont libérées directement dans la circulation sanguine.

A3. La voie vaginale
L’administration se fera sous forme d’ovules préparés par le pharmacien selon les indications du médecin.

B. L’interface cutanée


C’est la voie à favoriser avec la voie olfactive.
Les huiles essentielles sont lipophiles et pénètrent aisément les différentes couches cutanées afin de se diffuser dans la microcirculation périphérique puis dans la circulation sanguine générale.
La peau est le vecteur des principes actifs contenus dans les huiles essentielles.
La voie cutanée permet de traiter sans emprunter la voie digestive.
A de rares exceptions près et afin d ‘éviter toute irritation ou brûlure, les HE seront mélangées à de l’huile végétale.
Le pourcentage d’huile essentielle varie de 1 à 25% suivant l’affection et/ou l’endroit d’application. Cette quantité varie aussi selon l’âge du patient : de 1 à 3 ans, un maximum de 5% d’HE et jusque 16 ans, un maximum de 10% d’HE.

Les différentes applications peuvent se faire par :

  • friction : mouvements circulaires réguliers ;
  • onction : on dépose quelques gouttes sur une petite surface de peau. Ce geste convient plus aux applications psycho-émotionnelles de l’aromathérapie, ici le sens olfactif est davantage mis à contribution ;
  • massage : l’huile essentielle et la technique de massage additionnent leurs effets. Par ex, détente des muscles en profondeur et apaisement des douleurs articulaires.

Les différentes régions les plus souvent mises à profit sont les suivantes :

  • l’abdomen : agit sur tous les organes internes pour les HE activatrices de la fonction digestive ou antispasmodiques ;
  • le thorax : sur les faces antérieure, postérieure et latérales pour une action à visée bronchopulmonaire et cardiaque avec les HE à cinéole et à molécules favorables aux bronches ;
  • la colonne vertébrale : pour une action apaisante et décontractante ;
  • le plexus solaire : pour apaiser, équilibrer, calmer le stress et agir sur le système nerveux grâce aux citrus divers, à la lavande vraie ;
  • la région péri-auriculaire : pour les affections telles que les otites. Rappel : il est contre-indiqué d’administrer les HE par le conduit auditif ;
  • les tempes, le front, les lobes d’oreilles : lors de céphalée et de migraine ;
  • la nuque et les dessus des épaules : lors de céphalée, inflammation de la gorge, stress, décontraction ;
  • la région corticosurrénale : pour une action sur les corticosurrénales à l’aide d’HE positivantes riches en terpènes ;
  • le cuir chevelu : en cas de refroidissement, de sinusite mais uniquement chez l’adulte ;
  • la voûte plantaire : elle reste une zone d’application intéressante en réflexologie.

Attention de ne pas appliquer des HE photosensibilisantes lors d’exposition au soleil : angélique, citron, bergamote, mandarine, orange, pamplemousse, verveine.
En cas d’urgence ou en cas d’infection respiratoire, l’utilisation de la perfusion aromatique est à privilégier car elle permet de faire pénétrer les molécules aromatiques en un temps très court : 3 à 5 gouttes d’HE sur la face interne du poignet avec lequel on massera le pli du coude du membre opposé.

C. L’interface respiratoire

La voie pulmonaire est une voie thérapeutique excellente.
C1. La diffusion
L’utilisation la plus répandue est le diffuseur appelé aussi « ionisateur », « nébulisateur » ou « microdiffuseur ».
Les autres méthodes consistent à déposer quelques gouttes sur une pomme de pin, un mouchoir, une tigette ou une pierre diffuseuse. Placer une ou deux gouttes sur le poignet permet de bénéficier de deux voies d’absorption, la voie cutanée et la voie respiratoire.
La diffusion est idéale pour assainir et parfumer les pièces. Elle permet de se détendre mais aussi de prévenir les épidémies telles les rhumes, les grippes. Elle est employée pour traiter les problèmes psychologiques et nerveux, l’HE montant directement au système limbique, siège général de nos émotions.
Il est important de ne jamais chauffer les HE au risque de les dénaturer et de détruire leurs propriétés.
D’après D. Festy, les meilleures huiles à diffuser sont :

Quelques idées de diffusion ? C’est ici.

La diffusion des HE demande quelques précautions.
Ainsi, celles qui contiennent des phénols, des cétones et des aldéhydes ne s’y prêtent pas du tout. Il est donc important de tenir compte du chémotype des HE. Par ex, le thym à thymol (+ de 50% de phénols) ne pourra être diffusé tandis que la diffusion du thym à thujanol ne posera pas de problème.
De même, il est déconseillé de diffuser

  • plus de 20 minutes au risque d’irriter les muqueuses ;
  • en présence d’une femme enceinte ou d’un enfant de moins de 30 mois ;
  • dans la chambre d’un enfant pendant qu’il dort. Idéalement, la diffusion doit se faire 20 minutes avant la mise au lit.

C2. L’inhalation
Incontournable pour traiter les problèmes respiratoires ou nerveux, elle est cependant moins bien supportée par les personnes asthmatiques ou allergiques.
Elle peut être sèche : 2 à 3 gouttes déposées sur un mouchoir ou appliquée sur les poignets en cas de problème de nature psychologique ou en soin « express antistress ».
Elle peut être humide : placer 6 gouttes maximum dans de l’eau bouillante, laisser reposer deux minutes, s’isoler sous une grande serviette ou employer un inhalateur. L’inhalation humide se fera de préférence le soir. Grâce à la chaleur de l’eau, les muqueuses sont dilatées donc plus perméables aux microbes et plus susceptibles d’être irritées par l’air froid.


Sources :
L’aromathérapie exactement, P. Franchomme
Ma bible des huiles essentielles, D. Festy
Les huiles essentielles, JP. Willem
Aromathérapie corps et âme, A. Bitsas
Le guide de l’aromathérapie, G. Gérault et R. Mary
Formation en aromathérapie et aromatologie, année 2008-2009, M. Englebin


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Réactions à cet article.

(Par Diabolo. Le 18/2/2011.)

Merci beaucoup pour cet article très très intéressant !


(Par gemmae. Le 19/2/2011.)

merci, c’est super intéressant !


(Par Nessie. Le 20/2/2011.)

Merci beaucoup pour cet article plein d’information très intéressante !


(Par zélie. Le 12/3/2011.)

Bravo pour cet article Colibis, il est complet et bien documenté !


(Par optionnel. Le 18/11/2011.)

Je m’intéresse depuis peu aux huiles essentielles, par rapport à tout ce que j’ai pu lire sur les différents sites et forums, celui-ce est de loin le plus complet. Vous y apportez des réponses aux questions que peuvent se poser des néophytes comme moi " Comment utiliser les HE" c’est bien beau de savoir quelles sont les propriétés de telle ou telle Huile mais si on ne sait pas comment procéder ( utilisation externe ou interne) cela ne sert pas à grand chose. Merci pour mettre à notre disposition de si précieux conseils
Bien cordialement


(Par Colibis. Le 20/11/2011.)

Bonjour,

Quelle joie pour nous de lire des messages tels que le vôtre ! Cela nous encourage à continuer dans cette voie afin de vous offrir des articles de qualité. Merci pour tous nos rédacteurs qui y ont mis tellement de passion.


(Par pythie. Le 29/12/2011.)

Bonjour,

Cet article est effectivement très intéressant. Ce qui m’intéresse pour aller plus loin c’est un article aussi précis concernant les dosages. Dans ce que j’ai consulté en site ou dans les livres, on passe allègrement de pourcentage au ml, de conseils cosmétiques à des info aléatoires. Bref, pour l’instant je n’ai rien trouvé de précis et complet, uniquement une recette par ci, une préparation par là. Si vous pouvez m’éclairer je crois que vous rendriez service à beaucoup...
Merci


(Par Colibis. Le 05/1/2012.)

Bonsoir,

Les échanges sur ce post vont peut-être vous aider :
http://forum.aromattitude.org/viewtopic.php?f=3&t=2374

Bonne soirée


(Par nasrudin31. Le 09/4/2012.)

Bonjour,
"La méthode couramment conseillée de prendre les huiles essentielles sur un sucre est à éviter. En effet, le sucre n’est pas un émulsifiant, par conséquent les HE, arrivant pures sur la muqueuse stomacale à un endroit très localisé, peuvent avoir un effet irritant. En outre, l’efficacité thérapeutique est grandement diminuée, la surface de contact et d’échange, donc d’assimilation, étant augmenté des milliers de fois par un bon émulgateur"
Extrait tiré de "Les huiles essentielles et comment les utiliser" de Rodolphe Balz.
Le MIEL est un excellent émulgateur et il est facile de se prévoir des "arômels" (du miel assez liquide et en comptant bien les cuillerées et le nombre de gouttes - bien malaxer ce mélange jusqu’à ce qu’il vire au blanchâtre). En salivant bien ce mélange il arrive déjà plus gentiment sur les muqueuses de l’estomac et l’on en profite aussi au niveau buccal.
Cordialement.


(Par Colibis. Le 09/4/2012.)

Bonjour, merci pour vos précisions.

Cependant, je ne comprend pas pourquoi cet auteur parle d’émulsifiant ou d’émulgateur alors qu’il n’y a pas d’émulsion à obtenir.

De même, la cire d’abeille est un émulsifiant mais pas le miel.

Le sucre n’est pas à avaler en entier mais bien à sucer donc la répartition des HE se fait déjà au niveau des glandes salivaires et des capillaires sanguins qui sont deux formidables récepteurs.

Voilà, ce sont quelques réflexions qui me viennent à l’esprit en lisant les précisions de cet auteur.

Bonne journée,
Colibis


(Par andyzou. Le 01/12/2012.)

je ne connais que depuis quelques mois les HE donc je suis très prudente, je suis une personne stressée, et l’on m’a conseillé (une amie) de prendre des HE comme l’orange, la lavande dans une tisane avec deux gouttes de HE qu’en pensez vous ??
j’ai aussi acheté des HE de palmarosa mais je ne sais pas trop m’en servir l’on m’a dit que l’on pourrai mettre 2 gouttes dans ma creme de jour, ou mon lait pour me masser, que pourrais je faire encore svp ???


(Par Angie. Le 02/12/2012.)

Cher Andyzou,
Il vous appartient avant toute chose de vous renseigner sur les contre-indications des HE. Elles sont nombreuses et nécessitent la plus grande prudence ! Certains articles sur ce site mais également dans la littérature pourront vous guider dans ce sens.
En ce qui concerne le fait de mettre quelques gouttes d’huile essentielle pure dans une tisane, cela n’a pas de sens ! En effet, les HE sont des huiles et la tisane est de l’eau. Elles ne sont donc pas miscibles dans votre tisane ! L’alternative consiste à avoir recours au miel : il faut déposer une goutte dans une cuillère de miel puis l’incorporer à la tisane. Là effectivement on peut compter sur les propriétés de l’HE concernée MAIS il faut également veiller à ce que la tisane ne soit pas trop chaude, sans quoi les propriétés de l’HE seront diminuées, voire inexistantes !
J’avoue que votre question concernant l’HE de palmarosa m’interpelle : pourquoi l’avoir achetée si vous n’en maîtrisez pas l’utilisation ?? C’est en ce sens qu’il faut penser l’aromathérapie : ce n’est pas parce que c’est naturel que c’est inoffensif, bien au contraire, vous manipulez des concentrés de principes actifs qu’il vous appartient de maîtriser (avantages-risques) avant toute utilisation.
N’hésitez pas à vous inscrire sur le forum. Nul doute que les adeptes de cette HE (dont je ne fais pas partie ;)) pourront vous conseiller...
A très bientôt !
Angie


(Par julie. Le 23/1/2013.)

Bonjour,

Je voulais avoir votre avis sur une idée.
Que pensez vous d’une boisson à base de jus de fruit avec des extraits d’huiles essentielles par exemple aux extraits de ylang yang ?

Pensez vous que cela est possible à réaliser ?

Je vous remercie
A bientôt !


(Par Colibis. Le 23/1/2013.)

Bonjour Julie,

Qu’entendez-vous par "extrait d’huile essentielle" ?
La voie buccale n’est pas une une voie d’absorption idéale pour l’HE d’Ylang-Ylang.
Si vous désirez ajouter une huile essentielle dans une boisson, il est préférable de mélanger cette HE dans du miel ou un autre dispersant, les HE n’étant pas hydrosolubles. Soyez prudente au niveau des quantités, parfois (et même souvent) une goutte suffit.

Bonne soirée, Colibis


(Par julie . Le 24/1/2013.)

Merci pour votre réponse.

En faite j’ai entendu parler des huiles essentielles solubles sous forme de grain que l’on peut mélanger dans des boissons et autres. Vous connaissez ? Mais je pense également qu’au niveau des quantités ça doit être minime.


(Par Colibis. Le 25/1/2013.)

Non, je ne connais pas du tout mais voilà ma curiosité "émoustillée", je pose la question sur le forum.

Bonne journée

Colibis


(Par Colibis. Le 27/1/2013.)

Mais peut-être voulez-vous parler de cristaux d’huiles essentielles ?